Chapitre 1 : Les bas fond de mon âme ?!

Chapitre 1 : Les bas fond de mon âme ?!



Le bruit du flash, la lumière aveuglante. C'est le signe. Le signe qui me fait partir dans un autre monde, n'importe lequel, tant qu'il n'est pas ici. L'objectif coule sur toutes les parties de mon corps, sans pudeur. Je me sens vide. Vide... Je n'est même pas la force de pleurer, de crier. Plus tard, sûrement, quand je reviendrais du monde dans lequel je me blinde pendant la séance photo. Parfois, quand je me demande comment j'en suis arrivée là, je me rend compte à quel point être libre était important pour moi. Je ne voulais plus être dans ces familles d'accueils, puisque je n'ai plus mes parents depuis mes douze ans, je dois vivre seule. Par moi même.

Alors j'ai fais une "fugue". Peut on appeler ça comme ça alors que je n'étais pas vraiment chez moi ? Sur le haut de mes seize ans, j'ai couru, couru. Courir à en avoir mal, pour essayer de me sentir libre, vivante. J'avais trouvé un petit studio lugubre mais pas cher en banlieue. Le problème c'est que vivre seule ça coûte cher. Et deux jours après ma prise de liberté, j'ai fait une rencontre que j'ai considéré comme miraculeuse. Un homme me proposait de faire des photos de " charme ". D'après lui mon physique avantageux ne laisserait pas voir que je n'ai que seize ans et en plus je serais bien payé. En un regard, il avait ciblé ma faiblesse et l'a exploité sans vergogne. Mais j'ai accepté. J'ai pris de mon plein grès ce cadeau empoisonné. Maintenant quand j'y pense, mon insouciance me fait encore mal.

Ce poison à continuer à se répandre dans mon sang durant trois ans. Comme un serpent en moi qui dévore tout ce qu'il me reste d'humain. Petit à petit, anesthésiant tout jugement qui pourrait me faire renoncer.
On me tend mon peignoir. Ah, la séance est terminée. Je me rhabille et rentre chez moi. Sans un mot, sans une parole. Je suis sans vie, je suis loin de moi. Je suis perdue, égarée, paumée. Je voyage loin de moi même.
Mais ça allait changer. Tout aller changer. Mais pendant que j'introduisais ma clef dans la serrure, je ne savais pas ce qu'il m'attendais derrière ma porte.
D'ailleurs, puisque je raconte mon histoire, je voudrais te remercier. Car sans toi Vic, rien n'aurait commencé. Et à l'heure qu'il est, ce poison aurait sûrement tout détruit en moi si tu n'avais pas été là.




P.S : Peut être le début de Paris-Tokyo, qui à la base est le titre d'un livre que je voulais écrire, mais je n'avais pas l'inspiration. Donnez moi votre avis =) . Cette histoire est purement fictive.




Photo : Paris-Tokyo

# Posté le vendredi 18 juillet 2008 05:04

Modifié le dimanche 20 juillet 2008 13:26

Chapitre 2 : Lorsque la pureté de ton âme a réchauffé mon corps emplit de douleur ?!

Chapitre 2 : Lorsque la pureté de ton âme a réchauffé mon corps emplit de douleur  ?!




La porte s'ouvrit sur le plus radieux des visages : Victoria.
- Aurore ! Surprise ! dit-elle en affichant son si beau sourire.
Je ne répondit rien. Elle ne s'en formalisa pas. Elle sait comment je suis à la sortie d'une séance. Mais même si je ne peut rien lui dire et rien lui faire ressentir, sa présence m'est plus que bénéfique. C'est grâce à elle que je ne suis pas devenue (totalement) se qu'on pourrait qualifier d'une loque...

J'ai rencontré Vic un ans après avoir accepté de poser pour le magazine. Je rentrais chez moi, le regard baissé par la honte de se que j'étais en train de devenir, quand je l'ai percuté. Cliché n'est ce pas ? La parfaite rencontre de l'ange qui va sauver une âme. Vraiment, plus j'y pense, plus je me dit que cette rencontre ressemble à l'une de celles que l'on voit dans les films. Elle aurait pût passer son chemin après s'être excusée rapidement, sans même m'accorder un regard. Oui, elle aurait pût... Mais elle à sûrement remarqué ma détresse, de ce fait elle m'a invité à boire un verre. Et c'est de là que tout à commencé entre nous.

Quand j'ai osé la regarder , j'en ai été éblouie. Grande et fine avec un port de reine. Et son visage... De magnifiques yeux bleus-verts aussi brillants qu'un ciel plein d'étoiles, de longs cheveux châtains clairs et un sourire plein d'espoir et d'optimisme. En y repensant, ce n'est pas tellement sa beauté qui m'a tant fasciné, c'est le fait qu'elle soit si vivante. Alors que moi j'étais morte.

Lorsqu'on a commencé à se connaître, on s'est vite rendues compte que l'on était des opposés. Elle était d'une riche famille où elle pouvait être sûr d'être aimée. Moi, orpheline et sans argent. Elle à un caractère de fer, et ne se laisse duper par personne. Moi, si fragile et naïve.
Durant les deux ans qui ont suivis, sa présence m'est devenue indispensable. Elle m'aidait sans cesse, me proposant même de venir vivre chez elle et de tout recommencer. J'ai toujours refusé... Par fierté...

Mais aujourd'hui, ma fierté, j'en ai plus qu'assez. J'étais bien décidée à m'en débarrasser. J'allais prendre une décision qui allait radicalement tout changer dans ma vie. Et pas que dans la mienne...




Photo : Paris-Tokyo

# Posté le samedi 09 août 2008 16:22

Modifié le jeudi 23 octobre 2008 11:44

* Chapitre 3 : Mon âme a laissé mon corps derrière elle. Et elle court, court. Mais je ne peux la rattraper. ?! *

* Chapitre 3 : Mon âme a laissé mon corps derrière elle. Et elle court, court. Mais je ne peux la rattraper. ?! *


- Vic, je pars.
Elle releva la tête d'un air surpris.
- Quoi ? Enfin, où ?
-Au japon.
Cette fois ci la surprise laissa place à l'incompréhension la plus totale.
- Comment ça ? Pourquoi ? J'ai fait quelque chose ? C'est de ma faute ? Quel est le problème ? Réponds moi au moins tu me doit bien ça ! Lança-t-elle dans de grands gestes affolés.
- Je pourrais le faire si tu me laissais en placer une...
Touché. Les grand yeux ronds de Victoria plein d'incrédulité face à cette réplique auraient bien pu me faire rire, si j'en avais eu le c½ur.
-... Hum... Bah vas y ! Bougonna-t-elle.
C'était étrange, comme parfois, sa force s'effaçait pour laisser place à la puérilité.
- Vic, j'en peux plus de vivre ici, je vais mal, tu le sais. Et je veux plus essayer de convaincre les autres que cette vie est mon choix. Je laisse ma fierté de côté Vic, je parts.
J'avais dis ça sur un ton posé, lent. De sorte qu'elle comprenne que ma décision était mûrement réfléchie. Elle l'avait comprit, désormais elle me regardait avec son plus grand sérieux et toute son attention.
- Pourquoi le Japon ? C'est si loin !
- Justement, c'est à l'autre bout de la France. En plus je parle le japonais, ça tombe bien.
J'avais appris cette langue dans ma dernière famille d'accueil, avec leur fille qui prenait des cours.
Victoria était songeuse, le regard dans le vide, elle pensait sûrement aux conséquences de ce que mon départ impliquait. Après un temps de réflexion, elle déclara d'une voix décidée :
- Honnêtement Aurore, j'agrée complètement ta décision. Je pense que ça te fera le plus grand bien. Recommencer ta vie sous de nouveaux regards, sous un ciel nouveau... Mais un soupir termina sa phrase.
- Merci Vic, merci ! Dis-je d'une voix étouffée.
Le fait qu'elle me donne son accord, était très important , car son jugement comptait beaucoup pour moi.
Mais son visage, imprégné d'une telle volonté, me donna le sentiment qu'elle me cachait quelque chose...
Effectivement je ne me trompais pas.






Photo : Paris-Tokyo

# Posté le jeudi 23 octobre 2008 11:37

Modifié le dimanche 14 décembre 2008 12:31

* Chapitre 4 : Et j'ai déchiré les nuages pour pouvoir te retrouver ?! *

* Chapitre 4 : Et j'ai déchiré les nuages pour pouvoir te retrouver ?! *



La dernière valise se referma dans un bruit sec. Aurore se redressa en soupirant, posant les mains sur son dos. Faire tous ces bagages l'avait épuisé. Elle alla se servir un verre d'eau puis s'adossa à la fenêtre, et porta son regard sur toutes les petites ruelles de Paris. Elle esseya d'encrer dans sa mémoire le plus de détails possible, car elle avait le sentiment qu'elle ne reverrait plus jamais la France. Alors elle prit une profonde inspiration, et gonfla ses poumons de l'air crépusculaire de la capitale. Enfin, elle regarda une dernière fois le soleil orangé caresser les rues, et sans un regret elle ferma la fenêtre. Demain, à cette heure ci, elle sera au pays du soleil levant.

Aurore écrasa d'une main lourde le bouton de son réveille, avant que son alarme ne lui braye les tympans pour de bon. Elle se leva dans un gémissement. Décidément elle n'était pas du matin ! Elle se prépara avec la même routine, elle ne voulait pas que l'excitation ou l'appréhension du voyage vienne la perturber. Quand il fut l'heure de partir, elle fit une dernière fois le tour de son appartement qui avait était son unique refuge, resta un instant sur le pas de la porte, puis ferma celle ci d'un geste solennel. Elle descendit les escaliers du mieux qu'elle put, les bras encombrer de ses multiples valises, et jeta négligemment les clefs de l'appartement dans la boîte aux lettres du concierge.
Au contact de l'air froid, Aurore ne put s'empêcher de frissonner. Elle traversa sa rue d'un pas décidé. Seul ses pas résonnaient dans le silence du matin. Arrivée en bas elle héla un taxi, fourra ses bagages dans le coffre et s'engouffra dans le véhicule.
- Bonjour ! Aéroport de paris-Orly s'il vous plaît ! dit-elle d'une voix claire.
- Très bien madame ! lui répondit le chauffeur par l'intermédiaire du rétroviseur.
La voiture démarra, et Aurore se laissa bercer par son mouvement, voyant défiler à travers la fenêtre un paris endormis. Bzzzzz ! Bzzzzz ! Son portable était en train de vibrer contre sa cuisse, c'était un texto de Victoria : " Ganbatte ne watachi no tomodachi* ! On se voit à l'aéroport ! Désolé je savait pas comment dire ça en japonais xD ". Aurore esquissa un sourire, Victoria... Qu'est ce qu'elle allait lui manquer !


Trois heure plus tard, Aurore était enfin prête à embarquer. Vic l'enlaça une dernière fois.
- C'est promis hein ! Ecris moi au moins un e-mail par jour ! Et appelle moi une fois par mois !
- Mais oui, mais oui ! Promis !
Aurore s'engagea dans le tunnel d'embarquement, se retournant une dernière fois vers la radieuse Victoria, celle ci ayant un sourire énigmatique suspendue aux lèvres.

-Alors...Heu... 10B, 10B... Ah ! Ici ! répliqua victorieusement Aurore.
Elle s'assit sur le siège près du hublot, et attendit le décollage, perdue sans ses pensées. Elle entendit le bruit des vêtement en mouvement, son voisin venait de s'assoir. Elle tourna la tête pour lui dire et bonjour et là la surprise lui coupa la respiration.
- Vi...Victoria ? souffla-t-elle
- Surprise ! Et dire que tu croyais VRAIMENT que j'allais te laisser partir seule aussi loin ! Tu doutes de rien, petite friponne ! s'exclama -t-elle d'un ton enfantin.
Si elle aurait pu, assurément, Aurore aurait pleuré, sauté, dansé. Mais elle n'avait pas réussi. Il était encore trop tôt. Malgré cela, leur voyage fut plein de rire et de promesses.
Douze heures plus tard, elles étaient au Japon.

* Bon courage, mon amie !


Dessin : Paris-Tokyo

# Posté le mardi 20 janvier 2009 16:19

Modifié le mercredi 21 janvier 2009 10:35